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Yoga Bruxelles Iyengar, intégral, ashtanga / Vishnou

 

 

yoga Bruxelles / Vishnou sur Garuda

 

 Vishnou chevauchant Garuda

 

 

 

Visnu (ou Vishnu, Vishnou), l’une des deux grandes figures du panthéon hindou, est, comme Siva, une divinité (très!) complexe qui a, au cours des siècles, drainé des traditions diverses. Dès les temps védiques, la dénomination Visnu est associée à une notion d’omniprésence, de totalité spatiale, à la faculté de se propager et de se développer indéfiniment dans l’espace, de l’intérieur, il est celui qui soutient et régit tout ce qui existe.

 

Dans les Brahamana (partie des textes védiques qui sont de longs développements en prose, à caractère spéculatif, où le rite est interprété en détail, voir….) il est associé à Narayana, figure qui se place au centre du sacrifice en étant à la fois la victime, l’exécuteur et le bénéficiaire : de lui-même, il se sacrifie lui-même à lui-même. Il sera également identifié avec le Purusa, le Géant cosmique que l’hymne X.90 du Rgveda montre dépecé par les dieux en un sacrifice dans lequel, avec son corps démembré, est créé le monde (donc la totalité).

 

L’Être éternel est Narayana…Le Temps est Narayana. Les directions de l’espace sont Narayana, de même que les directions intermédiaires. Le haut est Narayana, de même que le bas. L’intérieur est Narayana, de même que l’extérieur. Tout ce qui est, tout ce qui fut et tout ce qui sera, est Narayana. Cela qui est sans souillures, sans négativité, libre de tout conditionnement, indescriptible et pur, c’est Narayana, et uniquement lui, car il est non-duel. Qui possède cette connaissance devient lui-même Vishnu, oui, il n’est alors nul autre que Vishnu ! C’est là l’enseignement ultime du Yajur Véda.

 

(Narayana Upanishad -Upanishad du Seigneur du Non-manifesté- Dix-huitième Upanishad du canon Muktika, appartenant au Krishna Yajur Véda et classée comme Upanishad de Vishnu.

 

Dans le Bhagavad Gita (voir…) Vishnou intervient sous le nom de Bhagavant, Krsna, le Dieu personnel qui laisse accéder à lui ses fidèles (bhakta) pour participer à son être. Des textes plus tardifs donneront Krsna comme un avatara, une incarnation de Visnu. C’est d’ailleurs dans le krishnaïsme que s’épanouira au mieux la dévotion vichnouite et corrolorairement, c’est dans le climat vichnouite se développeront les cultes de dévotion (bhakti) que la Bhagavad Gita (voir…) avait exprimé pour la première fois. On peut considérer que l’idée d’une lien d’amitié entre la divinité et ses fidèles a une origine vichnouite.

 

Yoga Bruxelles / Ayyavali Vishnu

 

C’est aux environs de l’ère chrétienne que la physionomie du dieu revêt la plupart des traits qui le caractériseront dans l’hindouisme tout en préservant le caractère primordial du dieu considéré dans son essence même : son immutabilité, son inactivité, inaccessible sous sa forme suprême (para).

 

Car Vishnou est toujours tourné vers le monde dans le quel il intervient. Vishnou aime ses créatures. Il fait le premier pas envers elles par sa « grâce » et l’une des grandes idées de la théologie vichnouite est que Dieu est disposé à une relation personnelle avec l’homme et à un lien d’amour dans le but de le sauver ainsi que le monde, c’est-à-dire de restaurer le dharma (la norme socio-cosmique).

 

Il y a donc une activité divine, mais qui est de deux mode : l’une permanente, étroitement liée à l’évolution cosmique, l’autre occasionnelle, en rapport avec le maintien ou le rétablissement de l’ordre, à la fois moral et cosmique.

 

Le premier type d’activités sont des expansions : les vyûha-s. La théorie des vyûha-s admet une chaîne d’émanations qui servent de transition entre Dieu et le monde ; elles sont respectivement appelées d’après le frère, le fils et le petit-fils de Krishna: Samkarshana, Pradyumna et Aniruddha, la première portant le patronyme de Ksna lui-même, Vasudeva. Mais chaque vyûha est Vichnou lui-même. Les textes reconnaissent à chaque vyuha une couleur particulière : blanche pour Vasudeva, rouge pour Samkarsana, étincelante comme la lumière (ou jaune) pour Pradyumna, bleu sombre pour Aniruddha.

 

En ce qui concerne le maintien de l’ordre (dharma), on ne parle plus de vyuha mais de vibhava (manifestations) ou d’avatara (descentes) et c’est là une des doctrines les plus populaires de l’hindouisme vichnouite (le terme avatar étant également devenu d’usage courant dans d’autre langues). De quoi s’agit-il ? Chaque fois que le désordre apparaît dans le monde – tout désordre local, moral ou autre, entraînant toujours un désordre cosmique -, la divinité intervient. La doctrine des avatâra combine les deux thèmes les plus importants de l’Inde antique : le combat du restaurateur de l’Ordre Cosmique contre l’emprise des démons, de l’idéal de la sainteté en lutte contre le Mal

 

Bien que le nombre des avatara soit réellement illimité, car la divinité peut, soit s’incarner en totalité, soit aussi, à l’occasion, dépêcher une partie seulement d’elle-même dans l’univers, on donne traditionnellement une liste qui ne comprend que dix avatara :

 

Yoga Bruxelles / Matsya Avatar

 

Vishnou / Matsya (vers 1870)

 

Au cours du 1er âge (durée 1.728.000 années) de la présente  période cosmique (mahâyuga), Vichnou est apparu sous les traits : 

  • d’un poisson (matsya). Ceci se trouve mentionné dans un récit du déluge: d’après Shatapatha-Brâhmana 1.8.1, le premier homme, Manu (cf. anglais man, allemand Mann) fut sauvé par un poisson d’une grande inondation.
  • d’une tortue (kûrma),
  • d’un sanglier (varâha) qui fit ré-émerger la terre engloutie dans l’océan par le démon Hiranâksha,
  • d’un homme-lion (narasimha) pour délivrer le monde du démon Hiranyakaçipu.
 
Yoga Bruxelles / Narasimha
 
Vishnou / Narasimha
 

 Au cours du 2ème âge cosmique (durée: 1.296.000 années), Vichnou apparut sous les traits: 

  • d’un nain (vâmana), pour libérer le monde de la tyrannie de Bali, qui tourmentait les dieux et les hommes.
  • Râma à la hache (Paraçurâma), pour anéantir les kshatriyas qui avaient tué son père, le brahmane Jamadgni.
  • Râma, le héros du Râmayana, qui mit un terme à la domination de Râvana, prince des démons, sur Lankâ.

A la fin du 3ème âge ou dvâpara-yuga (durée: 864.000 ans), sous l’apparence de Krishna pour tuer les démons et surtout le pire de tous, Kamsa.

Au début du 4ème âge (l’âge actuel ou kali-yuga, durée: 432.000 ans) sous la forme du Bouddha pour abolir les sacrifices sanglants.

A la fin du kali-yuga, il apparaîtra sous la forme de Kalkin, pour châtier les méchants et récompenser les bons, et inaugurer une ère de salut.

 

Il faut bien saisir qu’il n’y a pas de délimitation nette et infranchissable entre l’état de dieu et l’état d’homme. On peut glisser de l’un à l’autre. A côté de l’incarnation totale (pûrnâvâtara) de Krishna, il y a des incarnations partielles pour 1/16ème, 1/12ème, 1/8ème, 1/4, et 1/2 . Il y a aussi des incarnations d’incarnations de Krishna, des incarnations d’une seule énergie d’un dieu (les vibhûti-s), ou même d’un seul aspect de ces énergies: les amsha-s. Et dans un sens plus vaste, on peut dire que tout être humain, voire tout être vivant et même tout ce qui existe est une incarnation divine (équivalence Brahman – âtman).

 

D’autre part, en plus de son aspect suprême (para), des expansions d’ordre cosmique (vyuha) et des descentes occasionnelles (avatâra), les textes mentionnent un quatrième aspect du Dieu,  l’antaryamin, régent intérieur, Dieu présent au cœur de chacun, et un cinquième, l’arca qui est d’une importance capitale dans certain rituel.

 

Yoga Bruxelles / Narayana Vishnu

 

Vishnu-Narayana endormi sur Shesa, le serpent de l’infini et de l’éternité

 

Il s’agit de la représentation figurée en pierre, bois ou métal, objet d’adoration mais dans la quelle il ne faut voir aucune d’idolâtrie, car une parcelle de la divinité se trouve incarnée dans l’image ; c’est à elle que l’on rend hommage, non à la figure façonnée de main humaine. Avant de la livrer au culte, on doit la consacrer à l’aide de divers rites ; suivant l’expression technique, on lui « ouvre les yeux ».

 

La présence du Seigneur dans son image est un fait constant du vichnouisme : de nombreuses légendes citent les cas de fidèles qui disparaissent embrassés par la statue qu’ils adorent. Un des exemples les plus fameux est celui de la poétesse Andal : on s’apprêtait à célébrer ses noces avec l’image de Visnu dans le temple, lorsque celle-ci, l’étreignant, l’absorbe en elle et la fait disparaître aux yeux des assistants. Ainsi le vichnouisme met-il l’accent sur cette fusion du dieu et du fidèle que provoque la dévotion (bhakti) qui n’est alors pas autre chose qu’une sortie du relatif pour rejoindre l’Absolu et s’y fondre.

 

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