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Nous vous laissons vous ravir par l’exotisme radical de ce texte, un parmi d’autres. Il vient de loin, de l’Inde post védique, entre le IVe siècle av. J.-C. et le IVe siècle apr. J.-C, issu du Mahâbârata. Que dit-il, de quoi parle-t-il? Pourquoi les jours sont-ils des vaches? Comment le lait est-il l’hymne ? Quelques commentaires plus bas peuvent éclairer. Mais qu’importe!

 

Extrait de « Fragments du Mahâbhârata », traduit par TH. Pavie, Paris Librairie de L’Institut de France…etc (1841)

 

 

Hymne au Açwins

 

Vous deux qui allez en avant, qui êtes nés les premiers, qui avez un éclat surprenant, je vous célèbre par la voix et certes aussi par la mortification ; vous deux , êtres éternels, divins, (qui devancez l’aurore comme des) oiseaux ; vous deux, exempts de passions, exempts d’orgueil, qui laissez derrière vous les êtres divers ;

 

Vous deux dont l’or est l’essence, qui êtes les deux parties du jour lunaire, vous qui faites arriver (le malade) au-delà (de la souffrance, à la santé); vous deux, ô Açwins, dont les paroles sont véridiques (les prescriptions efficaces); êtres au beau visage (au beau nez), êtres victorieux; vous deux qui ayant une belle trame, tissez rapidement le blanc (le jour) et tissez de nouveau le noir (la nuit) par dessus le soleil; « Vous avez délivré pour la rendre à la félicité, ô Açwins ! la caille saisie par la puissance de Souparna ; aussi devant ces cieux (divinités) aux belles œuvres, profondément versées dans la magie , s’inclinent les vaches (les rayons) fauves qui s’élancent en haut.

 

Trois cent soixante vaches, comme une (seule) vache laitière, mettent au jour un seul veau et l’allaitent; réparties chacune dans des étables diverses et n’ayant à nourrir qu’un seul petit; les deux Açwins traitent le liquide chaud (qui est) l’hymne.

 

Dans un seul moyeu sont réfugiés sept cents rais; vingt autres sont déposés dans la circonférence (de la roue); la roue sans limite extérieure tourne éternellement , et la magie manifeste les deux Açwins, êtres virils.

 

Une roue tourne ayant douze rais et six moyeux , ne formant qu’un seul disque et portant avec elle les rites (qui dépendent des saisons); sur cette roue se tiennent attachés les dieux (dits) Viçwas; les deux Açwins la lancent comme un disque; (ô vous) ne fléchissez pas !

 

Les deux Açwins dont les œuvres sont abondantes ont fait disparaître, en la cachant, l’eau (qui est) l’ambroisie; eux qui ont des esclaves pour femmes, ayant abandonné (la caverne de) la montagne de Baia (Vritra), conduisent avec joie les vaches (les rayons, et répandent) la pluie de cette (eau), s’étant mis en marche des le matin.

 

Vous deux faites connaître (en les illuminant) les dix points de l’horizon, lesquels traversent sur (notre) front la route unie (que vous suivez) avec vos chars; les rishis suivent cette route des points de l’horizon, ainsi que les Dieux ; quant aux hommes, ils marchent sur la terre !

 

Vous transformez les couleurs aux aspects variés de ces (points lumineux), qui laissent loin derrière eux les êtres d’espèces diverses; ces soleils, les Dieux mânes les suivent dans leur route; quant aux hommes, ils marchent sur la terre !

 

0 Açwins dont les paroles indiquent des remèdes sûrs ! je vous glorifie, ainsi que la guirlande de lotus que vous portez; ô vous, Açwins véridiques, immortels, qui augmentez le fruit du sacrifice dans l’offrande à laquelle les Dieux assistent arrivant vers le Soma qui coule comme sur une pente rapide.

 

Que ces deux êtres pleins de jeunesse prennent avec leur bouche ce fruit (du jour) dès que le soleil est obtenu; (qu’ils le prennent) au milieu du sacrifice où le Soma coule comme sur une pente rapide; à peine produit, ce fruit (qui est le jour) détruit sa mère (qui est la nuit) ; vous deux , ô Açwins ! vous délivrez les vaches (les rayons) Pour qu’elles vivent ! »

 

 

 Commentaires

 

D’après la mythologie hindoue , les deux Açwins, fils du soleil Sûrya, et de la nymphe Açwini, sont les médecins du ciel ; voilà pourquoi le disciple Valsa s’adresse eux pour obtenir de recouvrer la vue ; mais ils sont. aussi les deux pôles, les points lumineux qui précèdent l’horizon l’Aurore dont on les regarde comme les messagers. Le mot Gaô bœuf, signifiant aussi rayon , on a donné pour monture aux Açwins des taureaux de couleur fauve, comme symboles des rayons jaunissants que lance le soleil à son apparition ; de plus, les Açwins arrachent , pour ainsi dire, le jour du sein de la nuit, cet enfant dont la naissance cause la mort de sa mère ; delà, ils sont appelés accoucheurs. Chargés de présider aux deux pôles, ils lancent, font tourner dans l’espace cette roue sans limite, aux sept cent vingt rayons, c’est- à-dire, aux trois cent soixante jours et aux trois cent soixante nuits ; cette année qui est le produit , le veau, des trois cent soixante jours, des trois cent soixante vaches, distribuées en divers ses stations ou saisons, est comme un disque sur lequel sont attachés les dix dieux Viçwas auxquels on offre joui nullement le beurre clarifié dans le Craddha.

 

Quant aux légendes auxquelles il est fait allusion dans cet  hymne, les expliquer serait chose difficile. Dans plusieurs passages du Rigveda , l’oiseau délivré par les Açwins est mentionné, mais sans aucune explication, bien qu’un fait si souvent reproduit puisse renfermer une donnée curieuse. Le mythe de Bala ou Vritra est plus intelligible; d’abord : c’est un démon, l’opposé des dieux, de la pure clarté divine par les ténèbres de son esprit ; puis il devient au propre, les ténèbres, l’absence de la lumière, puis enfin le nuage que le dieu du jour, du firmament, Indra tue avec sa foudre pour dissiper l’obscurité et ramener dans le ciel la splendeur d’un soleil tropical. Il est dit aussi que Bala a caché les vaches, (les rayons) dans sa caverne, qu’il masque l’asitre du jour : de-là, ce départ matinal des Amins qui comme des bergers vont paître ces troupeaux jaunissants du soleil , c’est-à-dire, conduisent à l’horizon ces lueurs fauves de l’aurore. Baia a défolié l’eau , l’ambroisie , ce breuvage d’immortalité qui rend la terre éternellement    féconde; dans les masses compactes de ces nuages, le démon des ténèbres tient en effet le trésor des pluies : il faut qu’Indra, c’est-à-dire la foudre, brise les nuées pour les forcer répandre ces torrents qu’elles semblent, à l’œil de l’Hindou dont le champ est desséché depuis tant de mois , emporter vers d’autres climats, comme un voleur fuit avec le dépôt qu’on lui a confié.

 

On le voit, entre ces stances mystérieuses et les chants épiques du Mahâbhârata , il y a une différence sensible , l’intervalle de bien des siècles. 

 

 

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